Axe 1 Construction identitaire et formation (détail)





 

 












1. Problématique :

Prise pour objet d’analyse par des chercheurs appartenant à des disciplines différentes, instrumentalisée comme outil de mobilisation des subjectivités individuelles et collectives par des gestionnaires et des intervenants socioculturels, décriée par les uns et mise au devant de la scène par d’autres, l’identité ne cesse d’interroger pour ne pas dire intriguer. Au regard des enjeux scientifiques et sociaux qu’elle soulève, les chercheurs travaillant au sein de cet axe ont pour objectif de l’interroger d’un point de vue épistémologique, théorique, méthodologique, éthique et professionnel.

 

Ils ont pour point commun de privilégier dans leurs travaux l’abord de l’identité dans ses différents aspects processuels et dynamiques. Ils mettent l’accent sur l’importance du rôle des rapports sociaux, des contextes et des situations d’interactions sociales dans les processus de sa construction.

 

Ils se fondent sur l’hypothèse selon laquelle le sujet se construit et se positionne au croisement de deux logiques : personnelle et individuelle d’une part, institutionnelle et/ou organisationnelle d’autre part. Cette approche permet d’associer notamment une perspective psychologique et une perspective sociologique. Elle nécessite de s’ouvrir aux acquis d’autres champs disciplinaires tels que la linguistique ou l’anthropologie.

La notion de formation est questionnée et abordée sous plusieurs angles. Elle désigne à la fois un apprentissage dans l’acte de formation situé mais aussi un contexte de pratiques plus large qui dépasse le simple périmètre de la formation. Elle est prise ici dans son sens large qui comprend des dispositifs institués, des politiques et des pratiques. Cela concerne les dispositifs diplômants ou d’accès à la formation (VAE, bilan de compétences, orientation…), des dispositifs et pratiques de formation (formelle et informelle), des pratiques ayant des effets formatifs (analyse des pratiques, accompagnement, situation de travail etc).

 

Trois grands questionnements ordonnent les travaux.

a) Les cadres théoriques mobilisables pour l’appréhension de l’identité et des phénomènes qui lui sont associés. Quelle place prennent les différentes théories dans l’analyse de la question identitaire et de quelles significations relatives aux pratiques sociales et aux activités qui s’y déroulent rendent-elles compte ? Comment ces théories sont-elles transformées en fonction de leur mobilisation dans tel ou tel champ de pratiques sociales, plus particulièrement celui de la formation ? Quels effets ont les différentes formes de formation et les différentes cultures qui leur sont associées sur l’évolution de ces théories ?

 

b) Les démarches et techniques qui permettent de repérer et de saisir les dynamiques des identités. Cette interrogation réactualise la question du statut du discours dans la production du savoir à leur propos. Sur quels types de données peut-on se baser pour leur approche ?

Avec quels types d’outils peut-on produire ces données ? Peut-on recueillir les actes identitaires directement et « de façon frontale » ou bien faut-il les appréhender de façon indirecte, par l’intermédiaire d’autres données qui, par leur analyse et leur mise en relation, permettront au chercheur de construire ses inférences identitaires ?

 

c) La troisième interrogation concerne le rôle des acteurs dans les différents modes et processus de production des identités. Quels liens peut-on établir entre dynamiques identitaires individuelles et collectives et dynamiques organisationnelles et institutionnelles porteuses d’offres ou d’assignations d’identités ? Quels liens peut-on établir entre sens et significations que des sujets en quête identitaire, d’une part, et des institutionnels, offreurs d’identités, d’autre part, attribuent aux actes sociaux qui les lient dans les interactions qu’ils contractent ?

 

Cette série de questions conduit à interroger les usages sociaux que font les différents acteurs politiques, économiques et gestionnaires (GRH) de la problématique identitaire. Elles interrogent le chercheur par rapport à l’usage qui est fait des résultats de ses recherches relatifs à l’identité. Quel rôle joue-t-il dans les rapports sociaux de pouvoir et de domination, dans un contexte de libéralisme à outrance dans lequel les managers ont pris conscience de la fonction économique de la mobilisation des subjectivités individuelles et collectives ?

 

2. Structuration des travaux :

Les travaux de recherche conduits dans le cadre de cet axe ont pour base les trois grands questionnements soulevés dans la problématique ci-dessus exposée. Ils sont structurés autour de trois types d’activités complémentaires et interactives :

 

2.1. Animation d’un important collectif regroupant des chercheurs, des post-docteurs et des doctorants venant d’horizons institutionnels et scientifiques diversifiés. Ceux-ci partagent les mêmes préoccupations de recherche relatives aux processus identitaires à l’œuvre dans les situations et les pratiques sociales, et vécus par différentes populations : chômeurs longue durée, usagers de la santé mentale, jeunes en situations d’échec, confrontés à des processus d’étiquetage. Ils s’intéressent également à des adultes se trouvant dans un entredeux spatio-temporel, vivant des tensions inhérentes aux doubles identités : stagiaires des formations en alternance, professionnels ayant une double fonction (ex : musicien enseignant,enseignant-chercheur, enseignant-formateur, soignant-formateur…).

 

2.2. Production soutenue de doctorats. Les doctorants dont les objets correspondent à cet axe inscrivent leurs travaux en tenant compte de la problématique commune. Ces doctorats portent notamment sur les domaines suivants : la présentation de soi, l’engagement des sujets dans l’apprentissage, la transformation des représentations de soi en situation de formation, en situation professionnelle ou en situation d’écriture et de communication, les rapports entre sujets dans des situations d’interactions à enjeux identitaires forts.

 

La contribution à la formation des doctorants constitue une priorité de l’axe. Cela se traduit concrètement par : l’intégration dans les interventions au sein de colloques, congrès ou autres manifestations scientifiques, l’accompagnement à la préparation des contributions (proposition communication, articles…) , l’appui à la structuration du questionnement et de la méthodologie de recherche….

 

2.3. Prise en compte d’une demande explicite et soutenue des partenaires scientifiques et professionnels pour des recherches intégrant la problématique identitaire, jugée importante tout autant dans l’interprétation des comportements des acteurs professionnels et sociaux, pris au niveau individuel et collectif que dans l’analyse de la mobilisation de la subjectivité de ces acteurs comme composante des facteurs de productivité.

 

3. Détail des thèses et recherches effectuées dans le domaine de l’axe

3.1. Thèses et HDR

- Thèses soutenues

· Fabrice GUTNIK (2005) La présentation de soi de cadres au chômage de longue durée en situation de groupe d’aide à la réinsertion professionnelle. Des lieux et des hommes. (Dir : J-M.Barbier Jury : E.Bourgeois, O.Galatanu, F.Cros). Population :

groupes de cadres.

 

· Nathalie LAVIELLE-GUTNIK (2007) « Devenir soi-même comme les autres ». Sens donné et engagement des sujets en autoformation (Dir : J-M.Barbier- Jury : Jean- Marie Barbier, Brigitte Albero, Helene Bezille Jean Pierre Boutinet, Mohktar Kaddouri).Terrain : APP.

 

· Maude HATANO-CHALVIDAN (2008) "Dires sur l'interdisciplinarité. La référence à l'interdisciplinarité dans le discours de chercheurs en sciences dites -exactes-". Directeurs de thèse : Jean-Marie Barbier (CNAM), Richard Wittorski (Université de Rouen) Membres du Jury : Michel Sonntag (INSA de Strasbourg) Bernard Schneuwly (Université de Genève).

 

· Muriel DELTAND (2008) : Configurations identitaires de professionnels enseignants : le cas des musiciens (Thèse soutenue à l’UCL sous la direction d’E.Bourgeois, mais en partie préparée au Cnam). Jury : M. Frenay (UCL – Belgique), J-M Barbier (Cnam - Paris), G. De Villers Grand-Champ (UCL - Belgique), C. Niewiadomski (Université Charles-De-Gaule – Lille 3). Population : musiciens-enseignants en Belgique francophone.

 

· Pierre IMBERT (2008) Le renouvellement des enseignants d’éducation physique et sportive :aspects utilitaristes, anti-utilitaristes et communautés de pratiques (Dir : M.Durand- Jury : J-M. Barbier, A.Caillé, P.Mendelsohn, Carole Sève )

 

· France MERHAN (2008) La construction de l’identité professionnelle chez des étudiants en formation universitaire par alternance (Thèse soutenue à l’Université de Genève, sous la direction d’Etienne Bourgeois et de J-P.Bronckart), préparée partiellement au Cnam. Jury : Jean-Michel Baudouin, Mokhtar Kaddouri et Sabine Vanhulle).

 

· Martine DUTOIT (2009) Etre vu, se voir, se donner à voir. Les dires de soi en situation d’étiquetage. Le cas d’une communication publique d’usagers de la santé mentale. (Dir : J M.Barbier- Jury : Ebersold , Jodelet, Komitès, Marinowicz-Hetka, Sampaio).

 

 

- Thèses en cours

· Marie-Laure COULON (Dir. : E. Bourgeois) : ‘La socialisation des managers’.

 

· Magali CROCHARD : Adulte et formation : Engagement en formation et processus de construction identitaire chez des adultes à l’Université (Dir : J-M.Barbier). Population : étudiants de Paris 1.

 

· Gaelle LEMEUR : Engagement dans les apprentissages dans les interactions entre bénéficiaires et formateurs dans les formations d’insertion (Dir : J-M.Barbier) –

 

· Joël LEROY Normes et engagement en formation- Le cas des agents de l’administration pénitentiaire (Dir. : Etienne Bourgeois, Mokhtar Kaddouri, JM. Barbier).

 

· Vanessa REMERY Tensions identitaires et transformation des représentations de soi de à l’oeuvre des candidats VAE accompagnés. (Dir : J-M.Barbier).

 

 

- HDR soutenue

· BEZILLE, H., Affiliations sociales, apprentissages et formation du sujet. Habilitation à Diriger des Recherches CNAM/Paris 13 Coordinateur : Jean-Marie Barbier - Jury : Jean-Marie Barbier (CNAM), Étienne Bourgeois (Louvain la Neuve), Jean-Pierre Boutinet (U.C.O Angers), Gilles Brougère (Paris 13), Pierre Dominice (Genève), Jacqueline Feldman (CNRS/EHESS), Jean-Louis Le Grand (Paris 8). 3 Décembre S2007.


 
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